Atrophie du clitoris et ménopause : quoi faire pour améliorer tes sensations sexuelles
Avec la ménopause (et la périménopause), c’est fréquent de remarquer des changements dans les sensations lors des relations sexuelles.
Et non, ce n’est pas « juste dans ta tête » — il y a de vraies explications physiologiques derrière ça.
Certaines femmes vont surtout ressentir des inconforts ou des douleurs, d’autres une diminution des sensations, et parfois… un mélange des deux.
On fait le tour de la question 👇🏻
Pas le temps de tout lire? Voici les éléments clés :
👉🏻 Les inconforts sexuels peuvent être causés par la sécheresse vaginale ou par des tensions musculaires du plancher pelvien.
👉🏻 La diminution des sensations sexuelles peut, quant a elle, être causée par une faiblesse musculaire du plancher pelvien ou par une atrophie du clitoris.
👉🏻 Avec une atrophie du clitoris, le gland du clitoris peut devenir plus petit et plus pâle, et se rétracter vers l’intérieur. Les sensations sexuelles sont ainsi diminuées et les orgasmes plus difficiles à atteindre.
👉🏻 L’atrophie du clitoris semble être principalement causée par une baisse d’œstrogène. Cependant, certains facteurs comme l’efficacité du plancher pelvien, la sédentarité et la fréquence des relations sexuelles peuvent également avoir un impact sur l’atrophie clitoridienne.
👉🏻 Pour traiter une atrophie du clitoris, il est recommandé de consulter un.e médecin pour évaluer la possibilité de prendre de la médication hormonale. L’activation sexuelle régulière, l’activité physique cardio-vasculaire et le renforcement du plancher pelvien semblent également aider à ralentir / prévenir l’atrophie du clitoris.
Les changements sexuels les plus fréquents à la ménopause
1️⃣ Inconforts ou douleurs lors de la pénétration
Plusieurs femmes rapportent des douleurs ou de l’inconfort pendant les relations sexuelles, souvent liés à :
la sécheresse vaginale
l’atrophie vaginale (amincissement et fragilisation des tissus)
parfois aussi à des tensions musculaires dans le plancher pelvien
Quand les tissus sont plus secs ou moins souples, la pénétration peut devenir désagréable… voire douloureuse.
2️⃣ Diminution des sensations et orgasmes moins intenses
D’autres femmes vivent plutôt une baisse des sensations sexuelles :
moins de plaisir
orgasmes plus faibles
orgasme plus difficile, voire même impossible, à atteindre
Cette situation est souvent attribuée à une faiblesse du plancher pelvien, puisqu’il joue un rôle clé dans le maintien de l’érection du clitoris et l’intensité des sensations orgasmiques.
Mais ce n’est pas la seule explication possible. Dans certains cas, la diminution des sensations peut aussi être liée à une atrophie du clitoris.
3️⃣ Et parfois… les deux en même temps
Oui, c’est possible (et plus fréquent qu’on pense) de vivre à la fois une diminution des sensations sexuelles et des inconforts lors des rapports.
Ce qui peut évidemment avoir un impact important sur la vie sexuelle… et sur la libido.
L’atrophie du clitoris : à quoi ça ressemble?
L’atrophie du clitoris, c’est un changement progressif de la structure du clitoris.
Concrètement, le gland du clitoris devient plus petit, il peut devenir plus pâle et il a tendance à se rétracter vers l’intérieur. Ces changements peuvent rendre la stimulation clitoris plus difficile et donc diminuer les sensations ressenties lors des activités sexuelles.
Petit rappel d’anatomie : le clitoris, c’est beaucoup plus que ce qu’on voit
Quand on pense au clitoris, on visualise souvent la portion qu’on voit à l’extérieur, le gland, mais c’est en réalité un organe beaucoup plus vaste, qui s’étend sous la peau de la vulve, de chaque côté du vagin.
Ce qu’on voit : le gland du clitoris, situé à l’avant de la vulve, est recouvert par un repli de peau qu’on appelle le capuchon. C’est la continuité de ce capuchon qui forme les lèvres internes de la vulve.
Ce qu’on ne voit pas : le corps du clitoris s’étend sous les lèvres externes, de chaque côté de l’urètre et du vagin, en quatre structures principales, deux corps caverneux et deux bulbes spongieux.
Lors de l’excitation sexuelle, le clitoris vient en érection. Il se gorge de sang et devient donc plus gros et plus dur. Les muscles superficiels du plancher pelvien se contractent pour empêcher le sang de ressortir du clitoris et donc maintenir l’érection.
L’érection du clitoris rend sa stimulation plus facile, autant au niveau du gland qu’au niveau du corps, par des pressions sur la vulve ou à l’intérieur du vagin. C’est cette stimulation du clitoris, peu importe la zone ou la méthode, qui procure des sensations de plaisir.
Et donc, si le clitoris est atrophié ou si le plancher pelvien n’arrive pas à maintenir l’érection à cause d’une faiblesse musculaire, la stimulation est moindre, les sensations diminuent et l’orgasme devient plus difficile à atteindre.
Qu’est-ce qui peut provoquer une atrophie du clitoris?
La cause principale : les changements hormonaux
La baisse d’œstrogènes semble être le facteur principal.
Elle est le plus souvent liée à la ménopause ou la périménopause, mais aussi parfois à : certains traitements contre le cancer, l’allaitement ou une hystérectomie.
D’autres facteurs possibles
Certains éléments pourraient aussi contribuer à l’atrophie clitoridienne :
la sédentarité
une faiblesse du plancher pelvien
peu ou pas d’activité sexuelle
Comment soigner (et prévenir) l’atrophie clitoridienne?
1️⃣ Consulter, d’abord et avant tout
Si tu suspectes une atrophie du clitoris, c’est important de consulter un.e médecin.
👉🏻 Le traitement le plus efficace demeure souvent la médication hormonale, pour compenser la baisse d’œstrogènes.
2️⃣ Quelques stratégies complémentaires très utiles
En complément de la médication (ou pour ralentir et prévenir l’atrophie), plusieurs stratégies sont recommandées.
Leur objectif commun : augmenter la circulation sanguine dans le bassin et les organes génitaux, pour garder les tissus actifs et en santé.
🔸 Activité sexuelle régulière
Avec ou sans partenaire. Avec ou sans pénétration. L’important ici, c’est de déclencher une excitation sexuelle pour provoquer une érection du clitoris et amener du sang dans les tissus (et, si possible, atteindre l’orgasme).
🔸 Activité physique cardiovasculaire
Bouger aide aussi à faire circuler le sang. Peu importe l’activité : marche rapide, vélo, natation, danse, musculation… Tant que tes jambes travaillent et que tu ressens les battements de ton cœur et ta respiration s’accélérer.
🔸 Renforcement du plancher pelvien
Le plancher pelvien agit comme une véritable pompe circulatoire. Le fait de contracter, relâcher et renforcer progressivement ton plancher pelvien peut aider à améliorer la circulation sanguine dans ton bassin et donc mieux irriguer tes organes génitaux, ce qui pourrait ralentir ou prévenir l’atrophie du clitoris.
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Et si la sécheresse vaginale est aussi un enjeu?
Voici quelques conseils pour améliorer ton confort au quotidien et lors des relations sexuelles 👇🏻
💧 Hydratant vaginal
À appliquer régulièrement, pour garder ta muqueuse souple et hydratée. L’application régulière d’un hydratant vaginal à partir de la périménopause peut aider à :
diminuer les inconforts et démangeaisons
ralentir l’atrophie vaginale
améliorer le confort lors des relations sexuelle
💦 Lubrifiant sexuel
À utiliser pendant les relations sexuelles, pour réduire la friction et les irritations. L’utilisation d’un lubrifiant sexuel de qualité et adapté à ta situation peut grandement améliorer ton confort lors des relations sexuelles.