Les 3 éléments qui influencent ta douleur
On a longtemps cru que la douleur se passait soit dans le corps soit dans l'esprit.
On sait maintenant que c'est faux. La douleur, ça se passe pas juste dans ton corps. Et c’est pas “juste dans ta tête” non plus.
Laisse moi t’expliquer tout ça…
En gros, c'est notre cerveau qui détermine si on ressent ou non de la douleur, et à quelle intensité, en fonction de 3 catégories d'informations qu'il reçoit en permanence.
Dans cet article, je vais te présenter ces 3 catégories et t'expliquer comment elles peuvent influencer ta douleur, autant positivement que négativement.
Assure-toi de lire jusqu'à la fin, parce que je vais aussi te présenter l'approche recommandée par la communautée scientifique pour prendre en charge les conditions de douleur chronique (ou persistante).
1.Les sensations en provenance de ton corps
Première catégorie d’information que ton cerveau utilise pour déterminer si tu es dans une situation de douleur ou non : les sensations en provenance de ton corps.
Tes terminaisons nerveuses enregistrent tout ce qui se passe dans ton corps, et envoient ces informations-là à ton cerveau pour qu'il les analyse.
Ça peut être plein de choses :
Une sensation d'étirement derrière la cuisse en te penchant pour ramasser quelque chose au sol.
Une sensation de pincement dans ton dos en soulevant une boîte.
Une sensation d'écrasement en cognant ton orteil sur le coin du lit.
Les possibilités sont infinies.
Je te rappelle que pour l'instant, on parle de sensation, et pas de douleur. Parce que l'information a pas encore été analysée par ton cerveau.
Cette analyse-là va entre autres dépendre d'une autre catégorie d'informations…
2. Tes pensées, croyances et émotions face à la douleur
Deuxième catégorie d’informations : les informations en provenance de ton esprit.
On parle ici de tes pensées, de tes croyances, de tes connaissances et de tes émotions face à la douleur de manière générale, mais aussi face à la situation particulière que t'es en train de vivre.
Attends, je te donne des exemples, tu vas voir ça va devenir plus clair :
Si t'as la pensée que ton corps a besoin de gagner en souplesse, tu vas sûrement considérer la sensation d'étirement de manière positive et bénéfique.
Par contre, si t'as la croyance que ton dos est faible et fragile, tu risques d'analyser le pincement ressenti en soulevant une boîte comme un potentiel risque.
Et si le fait de t'être cogné le petit orteil te fait ressentir de la colère, y'a des chances que ton cerveau amplifie le signal de douleur qu'il va t'envoyer.
Mais tout ça, ça dépend encore d'une 3e catégorie d'informations que ton cerveau reçoit en permanence…
3. Les informations à propos du contexte
Troisième catégorie d’informations : tout ce qui arrive à ton cerveau en provenance de ton environnement, autant physique que social.
Euh, c’est quoi ça?! Je t’explique.
L'environnement physique, c'est tout ce qu'il y a physiquement autour de toi :
Est-ce que tu es à l'intérieur ou à l'extérieur?
Chez toi ou dans un lieu public?
En nature ou en train de traverser une rue?
Par exemple, si t'avais besoin de soulever d'urgence une poutre très lourde qui était en train d'écraser ton ami.e, ton cerveau porterait pas autant attention au pincement dans ton dos que si t'étais en train de soulever des boîtes pour aider ton ami.e à déménager.
L'environnement social, c'est un peu plus complexe. C'est tout ce qui implique d'autres personnes dans ton environnement, et c'est souvent intangible :
Est-ce que les personnes de ton entourage comprennnent ta situation ou est-ce que tu ressens du jugement de leur part?
Est-ce que ton employeur.e accepte de mettre en place des accommodements ou est-ce que tu te fais mettre la pression pour que ta productivité reste la même?
Est-ce que les gens autour de toi ressentent de l'empathie ou du mépris face à ta douleur?
C'est pour ça que, si tu te cognes le petit orteil sur le coin du bureau pendant une entrevue vraiment importante qui pourrait avoir un impact substanciel sur ton avenir, ton cerveau va sûrement y prêter moins attention qu'à la maison, sans personne autour.
Bref, la douleur c’est toujours un mélange de ce qui se passe dans notre corps, dans notre esprit et dans notre environnement.
Ce qui veut dire que la douleur est une expérience subjective. L’intensité de douleur que tu ressens dépend à chaque instant de tes sensations physiques, de tes pensées / croyances / émotions et de ton environnement physique et social. L’expérience peut être différente d’une personne à l’autre, et aussi d’un moment à l’autre.
Et donc, ta douleur est toujours valide, même si tous les tests médicaux que tu fais sont négatifs.
La raison pour laquelle je te parle de tout ça, c’est que l’approche la plus recommandée par la communauté scientifique pour prendre en charge des conditions de douleur chronique ou persistante se base sur cette analyse du fonctionnement de la douleur. J’ai nommé…
L’approche bio-psycho-sociale.
En gros, ce qu'elle dit cette approche, c'est que pour toute condition de santé, et particulièrement pour les conditions de douleur persistante, il faut aborder à la fois le corps (bio), l'esprit (psycho) et l'environnement (social) pour avoir une prise en charge efficace.
Personnellement, j’y crois tellement à cette approche que c’est celle que j’utilise quand je construis mes programmes et mes formations.
Mais c’est fréquent de voir des approches de traitement qui s'intéresse juste à ce qui se passe dans le corps, sans aborder les volets psycho et sociaux.
On cherche souvent des solutions miracles. On veut des résultats rapides et sans efforts.
Pis avec des conditions simples ou aigue, des fois c’est suffisant de juste s’intéresser au corps.
Sauf qu’avec des conditions complexes ou persistantes, comme de la douleur chronique par exemple, c'est comme essayer de faire un casse-tête en laissant une partie des pièces dans la boîte.
Faque si jamais ça fait déjà plusieurs avenues de traitement que t'essaie, sans avoir de résultats satisfaisants, ça se pourrait que ça soit parce que tes traitements se sont concentrés sur juste 1 ou 2 des 3 volets, sans chercher à avoir une vue d'ensemble de ta réalité.
Bref, si tu vis avec de la douleur persistante et que t'as envie reprendre les commandes de ta vie, je t'invite à te questionner sur les différents éléments de ton quotidien qui peuvent avoir un impact sur ta douleur, au niveau de ton corps, mais aussi de ton esprit et de ton environnement.
Bonne réflexion!
Catherine, alias La physio qui t’écoute ♡